
La baisse des prix du 1er juillet 1999 a-t-elle fait augmenter la consommation de spiritueux ?

On dit souvent « alcool fort » pour parler des spiritueux : est-ce parce qu’ils sont plus nocifs pour la santé ?

Qu’est-ce que l’alcool pur ?

Les premix et alcopops ne sont-ils pas particulièrement dangereux pour les jeunes ?

La surtaxe des alcopops n’est-elle pas un bon moyen de renflouer les caisses fédérales ?

Comment la publicité influence-t-elle la consommation ?

La baisse des prix du 1er juillet 1999 a-t-elle fait augmenter la consommation de spiritueux ?
Entre 1999 et 2000, la consommation de spiritueux a augmenté de 30 cl à 40 % vol. alc., soit l’équivalent d’un verre supplémentaire de 4 cl toutes les 7 semaines. Cette hausse a été compensée en totalité, d’après les chiffres publiés par la Régie fédérale des alcools, par la baisse de 0,8 litre de bière par habitant et par an. Depuis 2000, tant la consommation de spiritueux que celle de boissons alcoolisées en général est stable, voire même en légère régression. L’étude présentée par l’ISPA en février 2003 sur l’évolution de la consommation entre 1999 et 2001, qui prétend que la hausse a été forte, ne répond à aucun critère scientifique sérieux, elle ne peut être prise en considération. D’ailleurs, elle est démentie par toutes les données officielles à disposition. Voir Consommation.
On dit souvent « alcool fort » pour parler des spiritueux : est-ce parce qu’ils sont plus nocifs pour la santé ?
Une molécule d’alcool, qu’elle soit issue de la distillation (comme dans le cas des spiritueux) ou de la fermentation (comme dans le cas de la bière et du vin) est absolument identique. Dès lors, ses effets sur la santé sont les mêmes. Malgré cela, la législation suisse favorise la bière et le vin au détriment des spiritueux. Ainsi, bière et vin peuvent être vendus à des jeunes des 16 ans, tandis que les spiritueux sont réservés aux personnes majeures. De même, le vin n’est pas taxé, la bière est taxée à 5 francs par litre d’alcool pur et les spiritueux à … 29 francs d’alcool pur. Aucune de ces mesures ne trouve de justification en termes de santé publique. Voir alcool = alcool.
Qu’est-ce que l’alcool pur ?
L’alcool pur est utilisé comme unité de mesure pour pouvoir comparer entre elles les différentes boissons alcoolisées. L’alcool pur, qui n’existe pas dans la réalité, serait un alcool contenant 100% d’alcool. Ainsi, le vin titre entre 11 et 13% vol. alc., la bière en moyenne 5% et les spiritueux 40% vol. alc.
Si l’on prend les teneurs alcooliques de référence utilisées par la Régie fédérale des alcools, on voit que les mesures standard servies dans les cafés et restaurants sont équivalentes en termes d’alcool consommé pour les différentes boissons alcoolisées :
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1 verre de bière de 30 cl à 4,8% |
= 1.44 cl d’alcool pur |
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1 verre de vin de 10 cl à 11% |
= 1.54 cl d’alcool pur |
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1 verre de spiritueux de 4 cl à 40% |
= 1.60 cl d’alcool pur. |
Les premix et alcopops ne sont-ils pas particulièrement dangereux pour les jeunes ?
Premix et alcopops ont une teneur en alcool équivalente à celle des bières spéciales, soit env. 5% vol. alc. Ils produisent les mêmes effets que n’importe quelle boisson alcoolisée. C’est la consommation excessive qu’il convient de combattre, quelle que soit la boisson alcoolisée considérée. La présence de sucre et de gaz carbonique est souvent invoquée comme cause d’un « danger » que représenteraient les alcopops et les premix pour les jeunes. En fait, les études menées à ce sujet ne permettent pas de l’affirmer. Voir effets du sucre.
De même, le lien entre la consommation d’alcopops et la consommation excessive de boissons alcoolisées par les jeunes, les mineurs en particulier, n’est pas prouvé par la recherche scientifique, de l’aveu même de l’ISPA. Voir rôle des premix dans la consommation des jeunes.
La surtaxe des alcopops n’est-elle pas un bon moyen de renflouer les caisses fédérales ?
La surtaxe ne ramènera pas un franc de plus dans les caisses fédérales, contrairement à ce qu’affirme le Gouvernement, car ces produits seront trop chers et ne seront plus vendus. Cette surtaxe pose en outre plusieurs problèmes de droit. Elle est, en particulier, contraire à l’art. 18 du traité de 1972 entre la Suisse et la CEE, car elle revient à discriminer des boissons produites dans l’Union européenne. Le 18 juin dernier, la Commission européenne a d’ailleurs adressé un courrier à l'ambassadeur Dante Martinelli, chef de la mission suisse près l'Union européenne et au conseiller Rolf Gerfpacher, mission suisse près l'AELE, s'inquiétant de la discrimination qu'impliquerait l'entrée en vigueur d'une surtaxe sur les alcopops.
Curieusement, la Suisse n’a pas encore répondu à ce courrier …
Comment la publicité influence-t-elle la consommation ?
La publicité n’influence pas la consommation ; elle a pour but d’influencer les parts de marché des différentes marques. Comme le démontrent plusieurs études, il n’y a pas de lien direct entre publicité et niveau de consommation. D’ailleurs, en Suisse, la consommation de spiritueux a chuté de 13% entre 1991 et 2001, tandis que les dépenses publicitaires augmentaient de 21%. Voir publicité et consommation.
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